Suivre la piste de l'argent | Philadelphie, Pennsylvanie (Selina Kyle, Bruce Wayne)

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Jeu 6 Avr - 21:58
Le rendez-vous nocturne donné par l'Empoisonneuse à sa compatriote féline se trouvait sur un large toit du Bowery ; de l'aveu même de Poison Ivy, ce ne devait être que " le point de départ d'un très juteux braquage, qui allait nécessiter de l'acrobatie, beaucoup d'adresse, un certain timing, et une bonne synchronicité ". La cambrioleuse s'était-elle pour autant attendue à être prise en taxi par un hélicoptère privé, estampillé « F.M.C. » en larges lettres bleues ? Pas sûr.

L'appareil tout juste posé sur le toit-terrasse à proximité de la silhouette féminine aux oreilles de chat, Pamela fit coulisser d'un mouvement fluide le panneau latéral permettant d'accéder à l'intérieur de l'habitacle. Le rotor tournait toujours, bien qu'au ralenti, aussi avait-elle prise la précaution d'enrouler en un chignon serré sa chevelure rousse. Sur la banquette qui donnait directement vers l'extérieur, un homme d'un âge incertain regardait le vide. Un sourire arrogant flottait sur la redoutée bouche de la biochimiste, qui s'extrayat de l'habitacle en contournant sa dernière victime (elle avait manifestement pris place sur une banquette située face à celle qu'occupait l'homme, et qu'on ne pouvait que deviner depuis l'extérieur de l'appareil). Le premier geste de la rousse, la première parole destinée à sa complice, fut de lui tendre (d'une main gantée d'un cuir vert proche du noir) un flacon de brillant à lèvres.


« Cadeau de la maison ; un peu tape-à-l'œil, mais ce n'est pas son effet cosmétique que j'ai privilégié, en le préparant. Si tu voulais bien t'en appliquer... Je t'expliquerai ça pendant le vol. » S'écria la militante de l'extrême, forçant sur sa voix pour couvrir le vrombissement mécanique.

Veillant d'une main à ce que la coiffe végétale en forme de lierre qui décorait sa chevelure ne s'envole pas, la scientifique invita Catwoman à entrer dans l'hélicoptère (et à prendre place sur la banquette la moins exposée), puis referma le panneau, signe que le pilote interpréta comme l'ordre de décoller. Assise dans l'enceinte de l'hélicoptère privé face à un pauvre bougre manifestement drogué par Ivy, et donc à côté de Selina, l'Empoisonneuse observa distraitement la silhouette familière de Gotham se réduire dans l'obscurité. N'eut été quelques décorations florales et la nuance verte de sa tenue noire, la combinaison choisie par Poison Ivy pour son opération en tandem avec la cambrioleuse gothamite aurait pu paraître taillée pour la discrétion : moulante, avec aux pieds des semelles plates minimisant les bruits de pas, et dotée d'une ceinture à rangement, elle approchait de celle de Catwoman dans son orientation pratique. Seulement la coquette biochimiste n'avait pu s'empêcher de remplacer le pantalon par d'opaques collants et des bottes aux bord crénelés, livrant à un bustier sombre au style néanmoins sylvestre toute la charge de couvrir le torse et le bassin de l’écoterroriste ; un collier proche du cou ornait par ailleurs la biologiste d'une rose (si concentrée en pigments rouges qu'elle apparaissait noire) et une discrète pointe de maquillage accentuait la profondeur de son regard.


« Voici Pierre Brondeau, Selina. Présenta d'un timbre suave l'écologiste sulfureuse, en joignant le geste à la parole. M. Brondeau est le PDG de la Food Machinery Corporation, une entreprise extrêmement lucrative qui se targue d'aider les agriculteurs à produire plus et mieux. Nouveaux pesticides, véhicules agricoles, OGM et j'en passe... La F.M.C. trempe dans tout ce qui peut lui rapporter gros, et tant pis si ça pollue la planète, puisqu'un chèque et quelques études privées suffisent à noyer les accusations. Feula Pamela, sans que son visage ne perde de son charme. Elle se tourna alors vers sa voisine : J'ai récemment appris que la F.M.C. abritait, dans son propre siège social de Philadelphie, tout un étage "loué" à un groupe privé, qui y a installé sa propre compagnie de sécurité (la Meute Sauvage... Un nom très inspiré) et qui utilise la firme pour blanchir de grosses quantité d'argent sale. La F.M.C. est un déchet venu de l'autre monde, et j'entends bien la couler. Mais je me suis dite que de l'aide ne serait pas de refus... Le terrain est inconnu, j'ignore ce que valent ces mercenaires "symkariens" de la Meute Sauvage, et... Honnêtement, je ne saurais que faire d'un tas de billets rendus intraçables par des délinquants en col blanc. Généralement, quand je convoite un bien, je me débrouille pour qu'on me l'offre. » Sourit malicieusement la criminelle, en évitant soigneusement de communiquer tout un tas de détails sur le groupe privé.

Pamela jugeait hautement improbable que Selina ait aussi entendu parler de l'A.I.M. De plus, son contentieux avec eux ne regardait qu'elle ; la méta-humaine éprouvait une angoisse nerveuse à l'idée que se sache qu'une organisation scientifique avait réussi à développer un sérum immunisant contre ses toxines. Catwoman n'était certes pas une ennemie, mais il leur arrivait de se brouiller, et parfois, la cupidité (ou une vielle rancœur) pouvait pousser la résidente de l'East End  à vouloir se venger. Or, Selina savait griffer aux pires endroits. Ivy espérait supprimer l'A.I.M. de l'équation avant que leur sérum (et la formule qui avait permise de le synthétiser) n'atterrisse sur le marché noir.


« M. Brondeau a reçu de ma part un baiser très spécial... Reprit le docteur Isley, en désignant de la main l'intéressé. En plus de l'habituel lavage de cervelle, je l'ai inséminé avec un spore de champignon. L'organisme de ce cher Pierre va servir d'incubateur au mycète, qui va se multiplier jusqu'à saturer son hôte. Pendant ce temps, une fois que nous aurons atterri sur l'héliport de la tour F.M.C., notre brave petite marionnette descendra de l'hélicoptère, où un détachement de la sécurité standard du bâtiment l'attendra pour l'escorter. J'ai demandé à Brondeau de les avertir qu'il passerait tard dans la nuit, pour récupérer quelques dossiers... Tu l'as deviné, dans la fameuse section du building qui est loué à un groupe privé. Raconta la jeune femme, qui sentait que la cambrioleuse voyait les pièces du puzzle s'agencer. L'accès au toit est surveillé par des caméras qui couvrent la porte en angle fermé. Nous resterons donc cachées dans l'hélicoptère, pour que la sécurité ne nous voit pas. Ensuite, pendant que Pierre descendra les deux étages qui le séparent de sa destination (sous l’œil approbateur des caméras du complexe), quelqu'un va devoir neutraliser le poste de sécurité... En passant par l'extérieur de la tour. Et tu es infiniment plus douée que moi pour l'escalade. » Admit de bonne grâce la botaniste du crime, surtout parce qu'il s'agissait d'un élément nécessaire à son plan.

Sans faire de commentaire, Pamela sortit d'un des rangements de sa ceinture un petit bulbe, d'un vert artichaut, qui sentait d'ailleurs comme le végétal, et le tendit à sa partenaire.


« Vois ça comme une grenade chimique... Lorsque tu auras atteint le poste d'où les vigiles de permanence suivent ce que filment les caméras, tu n'auras qu'à déposer un petit baiser sur ce joli bout de chou, puis à le faire rouler dans la pièce. Expliqua avec tendresse la méta-humaine, avant de se sentir obligée de développer un peu l'aspect technique qui se cachait derrière ce rituel étrange. Le bouton de fleur est prévu pour fleurir environ soixante secondes après avoir reçu un agent chimique contenu dans le gloss. Lorsqu'il s'ouvrira, il vaporisera son pollen, que j'ai modifié pour qu'il agisse comme des phéromones, mais en moins nocif pour le cerveau. En l'embrassant, tu lui transmettra u peu de ta salive, juste ce dont il a besoin pour compléter son pollen, et faire en sorte que ceux qui l'inhaleront t'obéissent à toi (et en prime, tu seras immunisée à ce pollen, donc aucun risque de te droguer toi-même). Résuma Poison Ivy, sans dissimuler sa fierté, avant de reprendre le fil de son exposé. Le poste de sécurité se situe au trente-sixième étage, soit l'avant-dernier étage. Brondeau va nous déverrouiller l'accès à une zone qui se trouve dans le trente-cinquième. Bien entendu, aucune des fenêtres de la façade ne donne directement sur le PC ; tu vas devoir t'infiltrer dans un bureau vide, puis atteindre la pièce sans te faire voir – rien d'insurmontable, j'imagine ? Une fois que tu auras vaporisé la salle de pollen, tu n'auras qu'à ordonner aux vigiles de ne pas tenir compte de nos apparitions sur les écrans. De cette manière, nous n'aurons même pas à nous soucier d'être vues par les caméras. Il faudra juste leur demander d'effacer toutes les archives vidéos de cette nuit. Quand ce sera fait, tu leur demandera d'ouvrir la porte du toit ; ce sera mon signal pour que je sache que la voie est libre. On se rejoindra aux escaliers qui descendent vers le trente-cinquième étage, secteur Batch-14.» Termina l'Empoisonneuse, alors que leur destination, la blanchâtre tour constituant le siège de la F.M.C., commençait à se deviner à l'horizon, trônant fièrement au pied de la Schuyrill, qui marquait la frontière entre la Pennsylvanie et le New Jersey.

« Ah, j'oubliais ! Pendant ce temps, notre incubateur humain aura certainement rejoint le secteur Batch-13 et déverrouillé l'accès. Sauf erreur de ma part, le champignon qui le parasite aura alors atteint sa confluence : M. le PDG qui adore les profits libèrera alors de tous ses dégoutants orifices des spores mortels qui nous débarrasseront de son épouvantable personne, et de son escorte. Son cadavre servira, en dernière usage, de cale-porte, pour nous maintenir gentiment la voie ouverte le temps que nous parvenions dans la zone. Pas vrai, sale vermisseau repoussant ? S'enquit la tueuse, en inclinant coquettement la tête sur le côté pour regarder avec une fausse candeur l'infortunée victime.

Le PDG opina mécaniquement du chef, ne se trouvant pas en état de répliquer quoi que ce soit. Le pilote de l'hélicoptère, qui ne pipait mot depuis le début, avait lui reçu juste de quoi le rendre malléable comme de la glaise humide. Il devait survivre jusqu'à ce que les deux complices quittent Philadelphie pour rejoindre Gotham, et ne mourrait qu'ensuite – si tout se déroulait convenablement, Pamela se sentirait certainement d'humeur généreuse, lui offrant une mort rapide et indolore.

Pour l'instant, l'attention de la criminelle était toute entière tournée vers sa voisine, dont elle questionnait encore à demi les motifs de la participation. Selina avait-elle uniquement envie de se remplir les poches avec des numéros de comptes, des secrets industriels, des brevets en cours de développements, des fichiers compromettants du personnel et de l'argent blanchi ? Espérait-elle pouvoir faire valoir son assistance comme une future raison d'exiger de l'Empoisonneuse un renvoi d'ascenseur ? Difficile à clarifier. La voleuse féline avait acceptée d'accompagner Ivy, là se trouvait l'essentiel, pour la protectrice des plantes.


« Prête ? Rappelle-toi : au trente-cinquième, la sécurité ne sera pas assurée par des vigiles ordinaires. La Symkarie est, à ce que j'ai compris, un pays d'Europe de l'Est qui n'existait pas, chez nous. Mais je me doute que ces mercenaires ne seront pas des tendres. » Grimaça la rousse, tandis que leur hélicoptère amorçait une lente descente vers le site d'atterrissage.

Au loin, on pouvait deviner un groupe de quatre hommes qui se préparaient à accueillir leur employeur, en dépit de l'heure tardive.

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Lun 1 Mai - 15:24

Suivre la piste de l'argent
Pamela Isley & Bruce Wayne & Sélina Kyle

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La féline avait accepté la proposition de sa collègue de crimes. Les collaborations entre les deux femmes étaient courantes, en fonction des intérêts de chacune. Elles avaient été des partenaires plutôt efficaces. Le rendez-vous avait donc été pris sur un toit du Bowery. Sélina arriva à l’heure dite, se coulant dans l’ombre. Pamela était rarement en retard, aussi quelques secondes après que la féline soit arrivée, elle entendit un raffut indescriptible. Un hélicoptère aux grandes lettres F.M.C se posa sur le toit.

Que Pamela ait un plan bien rodé en tête, Sélina n’en doutait pas. Cependant, cette arrivée était tout sauf discrète. La rousse sortit de l’hélicoptère en faisant coulisser le panneau latéral. Elle était d’une grande élégance dans sa tenue. Le regard de Catwoman accroché l’intérieur de la cabine où un homme inconnu d’elle se tenait sur la banquette. Pour le moment nullement inquiète, elle attendait que Pamela lui explique ce qu’elle avait en tête, ce qui arriverait certainement pendant le trajet. Elles n’allaient pas tailler une bavette en plein toit d’un immeuble avec un hélicoptère qui tournait à côté d’elle. La biochimiste lui adressa un sourire et lui tendit un gloss. La féline le prit mais ne l’appliqua certainement pas d’office sur ses lèvres. Pamela avait beau être une alliée, elle ne l’était que pour l’occasion. La féline avait parfois pu goûter la vengeance de Pamela et elle n’avait rien d’une sinécure. Elle prit donc le gloss et le conserva serrer dans sa main. Sélina cria presque pour se faire entendre de la jeune rousse :

Ce n’est certes pas la couleur que j’aurai choisi mais je ferai avec. J’attends ton explication pendant le vol avant. Son ton de voix était sans réplique. Elle n’était pas assez folle pour s’appliquer une substance inconnue sur les lèvres sans savoir de quoi il s’agissait.

Pamela l’invita à entrer et Sélina prit appui sur les flancs de la porte pour se hisser avec grâce à bord. Elle accrocha son regard sur l’homme assis, le regard dans le vide et n’eut guère de mal à diagnostiquer un empoisonnement à quelque substance connue d’Ivy. La féline s’assit en face de l’homme, sur la banquette la plus protégée du vent qui s’engouffrait en sifflant dans l’habitacle. La biochimiste la suivit puis ferma la porte, signal de départ pour l’hélico. Sélina jeta un regard appuyé sur sa collègue d’une nuit. La tenue d’Ivy la fit sourire. Elle était d’une coquetterie amusante, même pour un braquage. Non pas que Sélina se laisse aller. Elle avait un corps que mettait en valeur sa combinaison moulante en cuir noir. Mais Sélina préférait de loin le noir qui permettait de se fondre totalement dans l’obscurité au vert, aussi sombre soit-il. Cette coquetterie l’amusait cependant et faisait clairement partie du personnage d’Ivy. La voix de sa consoeur la tira de sa contemplation.

L’homme à ses côtés était donc M. Brondeau, rien de moins que le PDG de la firme aux initiales peintes sur l’hélicoptère. La description de la firme et de ses activités n’émue nullement Sélina. Contrairement à Ivy, elle n’était pas une militante écologique, pas plus que pour d’autres combats d’ailleurs. Elle était avant tout une voleuse. Grand bien lui fasse qu’une firme exploite la terre, tant qu’elle pouvait dérober dans ses caisses, le reste de la regardait pas. Lorsqu’elle entendit parler de la Meute Sauvage, Sélina haussa un sourcil. Elle en avait vaguement entendu parler dans les milieux underground dans lesquels elle évoluait. Tout sauf des rigolos, cela n’allait pas être une partie de plaisir. Sélina rétorqua avec un sourire amusé :

Ma pauvre Pamela, ne t’en fais pas, je saurai faire bon usage de ces billets, crois-moi. Je n’ai pas autant d’admirateurs que toi, je suis donc contrainte, pauvre petit chaton que je suis, de me débrouiller par mes propres moyens… Concernant tes mercenaires, ce sont des durs à cuire, j’en ai entendu parler. Paraîtrait qu’ils se droguent pour ne pas ressentir la douleur et qu’ils sont littéralement prêts à tout. Y aller à l’aveugle complet est possible mais très risqué… J’espère qu’il y a un sacré pactole à la clef pour me faire prendre un tel risque… Mais je me doute que tu m’as réservé quelques surprises technologiques, non ? Sélina connaissait autant Pamela que la jeune femme la connaissait, elle.

Notamment, Sélina avait une toute autre raison d’accepter cette mission. Elle s’était renseignée sur cette fameuse firme qui blanchissait de l’argent via la F.M.C. Et notamment cette firme était en cheville avec des grands pontes de la finance. C’était une toile d’araignée à l’échelle mondiale. Et par des informateurs bien placés, elle avait appris qu’ils utilisaient un programme informatique pour crypter leurs transferts bancaires. Si elle mettait la main sur ce programme, le dupliquait et partait avec, elle aurait accès à un nombre de comptes bancaires, de noms et d’adresses particulièrement intéressants pour une voleuse comme elle… Et Sélina n’était pas idiote. Elle savait parfaitement que Pamela lui cachait des éléments. Pour l’heure, elle n’en avait cure. La biochimiste avait sûrement d’autres raisons de s’en prendre à F.M.C mais Sélina n’avait aucun intérêt à résoudre cette énigme pour l’heure.

Elle en était là de ses réflexions lorsque Pamela lui expliqua l’état dans lequel se trouvait leur invité de la soirée. Sélina ne put s’empêcher de grimacer en entendant l’explication concernant la spore. C’était vraiment des techniques spéciales quand même. Mais elle tint sa langue et ne dit absolument rien, se contentant d’un hochement de tête. Elle voyait parfaitement où Ivy voulait en venir. Avoir sous la main le PDG infiltré dans le bâtiment leur permettrait d’accéder à l’étage où se trouvait la firme. Les détails suivants l’intéressèrent davantage. Des caméras de sécurité couvraient le toit et la porte en bas de la tour. Normal. Elle allait devoir escalader. Ce qui n’était guère un problème pour la féline. Sa combinaison comprenait au niveau de ses mains des aimants magnétiques qui lui permettaient de s’agripper à n’importe quelle surface, aussi pentue soit-elle.

Sélina écouta attentivement la suite en observant la boule végétale que Ivy venait de lui glisser dans la main. Elle sourit en comprenant à quoi servait le gloss que lui avait donné la jeune rousse sur le toit de l’immeuble où elles s’étaient retrouvées. Maligne, ça c’était une certitude. Elle sortit donc le gloss et s’en appliqua sur les lèvres, leur donnant une belle couleur verte. Le PC de sécurité se trouvait au 36ème étage de la tour. Leur cheval de Troie humain allait leur faire accéder au 35ème. A Sélina de se débrouiller pour atteindre le PC. Elle n’était pas spécialement inquiète. Sélina sourit intérieurement en comprenant que les hommes du PC seraient sous son emprise. Voilà qui allait singulièrement lui simplifier la vie pour trouver ce qu’elle était réellement venu chercher dans cette tour.

La féline grimaça encore lorsqu’elle entendit les détails de la mort qui attendait le PDG. C’était vraiment… dégueu. Mais elle n’allait certes pas pleurer sur un homme qu’elle ne connaissait pas et donc la mort allait lui en mettre plein les poches. Elle hocha la tête.

Ok, Ivy. J’ai bien tout compris. Atteindre le 35ème étage, rejoindre le PC sécurité au 36ème, balancer ta petite bombe verte, leur dire de ne pas tenir compte des caméras, d’effacer les bandes la nuit passée et déverrouiller l’accès au toit.

Son regard tomba sur la tour qui commençait à se dessiner à l’horizon. Sa voix rompit le silence relatif qui s’était établi dans la cabine.

Et pour le Batman ? Tu as prévu quelque chose, au cas où ?

Sélina savait que la chauve-souris pouvait être un terrible trouble-fête, même si elle adorait jouer au chat et à la souris avec elle. Elle continuait d’observer l’horizon en discernant quatre hommes qui semblaient attendre sur le tarmac du toit de l’immeuble l’arrivée de leur patron. Dans quelques minutes, les deux femmes devraient se dissimuler pour ne pas attirer l’attention.    
AVENGEDINCHAINS
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Mar 2 Mai - 21:19
« Pour Batman ? » Tiqua l'écologiste pugnace, en haussant les sourcils devant ce qui lui apparaissait comme une question totalement incongrue.

« Pourquoi voudrais-tu que la chauve-souris vienne jusqu'à Philadelphie ? Le rongeur ailé est un animal territorial, qui n'opère pour ainsi dire qu'à Gotham.. Même s'il surgissait de l'obscurité, il serait un autre intrus que la sécurité de la tour chercherait à neutraliser. On y gagnerait clairement au change : le chevalier noir aurait à passer outre les mercenaires Symkariens, ce qui nous en débarrasserait. En toute sincérité, nous aurons de la chance, si c'est sur Batman que nous tombons. Assura la voluptueuse rousse, tout en gardant un œil sur le déroulement de l'atterrissage, pour veiller à ce qu'aucun imprévu ne survienne. Depuis que nous avons rejoint... Un autre univers.. Fit Pamela, en ayant l'air de mordre dans un citron ; formuler une phrase de ce genre, tout droit sortie d'un scénario de science-fiction pour adolescents, lui laissait toujours un arrière-goût de ridicule dans la bouche. ... Je peux te dire que les choses ont bien changées. Oublie nos justiciers, si centrés chacun sur une ville spécifique ! Désormais, il faut composer avec des équipes de super-héros qui couvrent l'ensemble des États-unis, œuvrant en synergie avec des organisations gouvernementales, et ayant les moyens d'intervenir de la côte Ouest à la côte Est sans discernement. Nous ne le savions pas à l'époque, mais nos justiciers étaient des crèmes, comparés à ces cow-boys. » Résuma l'Empoisonneuse en pinçant les lèvres de dépit.

La botaniste criminelle retenait de ses brèves rencontres avec les nouveaux justiciers des souvenirs d'amères défaites, à la fois dues à une méconnaissance de ses opposants, et à son manque d'habitude de devoir affronter pas un ou deux justicier, mais une véritable escouade. Le docteur Isley ne se laissa pas distraire pas le spectre de ses humiliations, cependant. À peine l'hélicoptère posé sur son aire, elle claqua des doigts sous le nez de Pierre Brondeau, puis lui indiqua sèchement le quatuor qui se rapprochait de l'hélicoptère. La marionnette obtempéra derechef, ouvrant juste assez le panneau latéral de son appareil pour sortir, en veillant à ce que la pénombre et la distance empêchent la sécurité de réaliser que deux femmes se trouvaient encore dans l'engin volant. Le PDG n'attendit même pas que l'escorte ait franchie la moitié du chemin, afin de les dissuade de trop s'approcher de l'hélicoptère, ce qui aurait nui aux plans d'Ivy. Sans un mot, comme un businessman pressé et sachant exactement pourquoi il était venu, Brondeau marcha vers l'accès extérieur, cerné par la sécurité, sous les rafales produites par le rotor ralentissant de l'appareil privé de la F.M.C. Jouant distraitement avec les pétales de la rose qui lui ornait le cou, la chlorokinésiste guettant l'instant où la porte se refermerait sur son petit incubateur humain pour que la suite des opérations s'enclenche. Pamela constata avec un soupçon de fierté que le vert n'allait pas aussi bien à Catwoman qu'à elle, puis ressentit le besoin égoïste de démontrer à sa partenaire d'un soir que sa certitude se révélerait avérée.


« Très sincèrement Selina, je veux bien te faire le cadeau de ton choix si c'est le Batman qui se montre ce soir pour nous mettre des bâtons dans les roues ! » Sourit la tueuse, intimement persuadée qu'un événement aussi improbable n'arriverait jamais, tout en empoignant le panneau coulissant pour tacitement inviter la féline à sortir, afin d'entamer son infiltration dans la tour F.M.C.

Le timing, important dans ce cambriolage, nécessitait que le duo gothamite parvienne au secteur Batch-13 peu de temps après la mort de Brondeau (la coquette biochimiste redoutait qu'une patrouille de la sécurité ne trouve les corps trop tôt, ce qui précipiterait ses projets. Sagement, l'Empoisonneuse tenta de suivre la silhouette de Catwoman depuis la cabine de l'hélicoptère, mais la voleuse disparut rapidement, avalée par la nuit et les ombres dans lesquelles elle se fondait sans mal. Considérant qu'elle disposait d'un peu de temps devant elle, la rousse sortit délicatement un lot de tubercules de sa ceinture, qu'elle arrosa légèrement en utilisant une bouteille d'eau de source mise à disposition du PDG pour ses trajets professionnels. Les végétaux, en retour, frémirent, commençant à produire des racines tentaculaires rappelant le gingembre par leur coloration terne.


¤ Réveillez-vous, mes toutes mignonnes... Maman va avoir besoin de vous, et de vos câlineries. ¤ Les cajola amoureusement la méta-humaine capable de communiquer avec les plantes, en les regardant tendrement s'animer au ralenti.

Les minutes s'écoulèrent au son de la croissance accéléré des tubercules, et de la lente respiration du pilote, en état de transe, qui battait tout juste assez des paupières pour éviter à ses globes de sécher. Enfin, avec une lointaine mélodie électronique, la porte d'accès à la tour s'ouvrit, comme tenue par un majordome bienveillant. Du bout des doigts, Pamela flatta la joue de son esclave, lui souriant d'un air sardonique.


« Tu ne pars pas sans moi, surtout. » Le pria-t-elle, avec de glousser lorsqu'il bafouilla un lot inarticulé de syllabes humides.

Gracieusement, Poison Ivy sortit à son tour de l'hélicoptère, ses bébés remis dans sa ceinture, où ils s'étaient roulés en boule compacte pour tenir. Cheveux animés par le vent et démarche exagérément élégante, la biologiste paraissait défiler sur un podium ; elle se piqua même de souffler un doux baiser à la caméra qui s'attardait sur son arrivée, puis franchit le seuil de la lourde porte activée depuis le poste de sécurité. Désormais, il ne lui resterait plus qu'à se rendre aux escaliers reliant le secteur Batch-14 du trente-sixième étage au secteur Batch-13 de l'étage inférieur. Loin d'égaler en furtivité Selina, Pamela produisait une mélodie feutrée de sons textiles dans sa progression, ne vérifiant que sommairement aux angles des couloirs si une patrouille arrivait en sens inverse. Absolument sereine, elle se laissa guider par les indications murales du complexe, souriant comme une starlette naïve aux caméras qui louchaient de son côté. Il ne lui fut absolument pas surprenant de constater que ses pouvoirs ne lui permettaient pas de sentir la présence des mercenaires de la Meute Sauvage dans la tour (si ces derniers avaient eu recours à des drogues entièrement végétales, la méta-humaine aurait peut-être eu plus de chance, mais ces primates décérébrés devaient avoir recours à des amphétamines totalement synthétiques pour améliorer leurs performances guerrières).
Aveugle et maintenue dans l'ignorance d'une intrusion, la sécurité de la F.M.C. avait peu de chances de patrouiller au bon endroit et au bon moment... Et pourtant, Ivy manqua de se jeter dans les bras d'un petit groupe en pleine manœuvre de vérification.

Plus par jeu que par précaution, la tueuse aux baisers avait lancé un regard éphémère vers le couloir dans lequel elle prévoyait de s'engager (et qui devait d'ailleurs l'amener au point du rendez-vous avec Catwoman) ; sa tête avait procédé à un repli expéditif en découvrant trois hommes occupés à marmonner dans leurs oreillettes respectives. Collée dos au mur, l'Empoisonneuse, reprit son souffle (interrompu par la surprise), puis expira à fond, et plongea la main dans un des rangements de sa ceinture. À l'oreille, Ivy laissa les vigiles marcher vers elle, avant de sortir de son couvert sans prévenir, en lançant dans leur direction autant de tubercules que nécessaire. Les boules d'écorce compactes se déroulèrent dans les airs, déployant des racines longues, souples et solides comme des câbles d'acier. Chaque projectile percuta le visage d'un des agents de la sécurité, tandis que ses excroissances s'enroulaient autour de sa boîte crânienne, verrouillant sa prise. Sonnés, les victimes de cet assaut éclair agirent par réflexe, essayant d'arracher à mains nues le bâillon de racines qui menaçait de les asphyxier. Stimulés par ces tentatives, les tubercules raffermirent leurs prises avec d'autant plus de force qu'on tentait de les arracher. Piégés par la panique, aucun des trois hommes n'eut l'idée de stopper toute résistance pour inciter le végétal à se détendre ; l'urgence de l'asphyxie les poussait à multiplier leurs efforts désespérés, tandis que leurs muscles privés d'oxygène s'épuisaient et s’amollissaient. Marchant entre les corps qui se débattaient faiblement en poussant des gémissements étouffés, Pamela toisa ses victimes en souriant avec une joie perverse, l’œil étincelant. Provocatrice jusqu'au bout des ongles, Ivy s'immobilisa au milieu des vigiles, apposant un index sur ses lèvres pulpeuses avant de pousser un long et apaisant :


« Chuuuuuuut. » Qui se termina lorsque le dernier des hommes encore capable de bouger s'immobilisa, l'air presque endormi, mais tout aussi mort que ses collègues.

La main gantée du docteur Isley leur adressa un lent geste d'Adieu, avant qu'elle ne fasse glisser ses pieds jusqu'aux escaliers où Selina l'attendait déjà. Mise en confiance après avoir pris la vie de trois répugnants mammifères, la protectrice des plantes fit semblant d'être stupéfaite, serrant ses mains l'une contre l'autre.


« Ça alors ! Toujours aucune trace du Batman ! Quelle surprise... »

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